La hase et le rapace

La hase et le rapace

La Hase et le Rapace

Par l’auteur hds LVolante

Oh Bon Dieu ! Ce regard ! Elle a l’impression que sa robe fond sous son intensité. Elle est à poil. Et cinq pas, quand on est à poil, c’est très long.

Lui, la détaille tout son soûl. Un mètre soixante-dix. Les cheveux coupés courts, châtains légèrement argentés qui mettent en valeur deux oreilles charmantes. Une robe de laine tricotée par des mains irlandaises serrée à la taille par une cordelette de même matière, nouée à la diable. Une bouche crispée par – il ne le sait que trop – le désir, qu’il trouve terriblement aphrodisiaque. Un menton volontaire. Des jambes coquinement gainés de bas nylon. Et un regard, Mordious ! Qui laisse présager d’effroyables batailles tant il est carnassier.

Evelyne s’assied face à l’homme. Elle soutient son regard.

La voix de l’homme est basse, envoûtante. Il est Kaa, elle est Moogli.
LVolante

 

Extrait
Le déjeuner est délicieux et extrêmement évocateur : les tranches de melon entremêlées tête-bêche, stylisent sans équivoque, la position du soixante-neuf. Le jambon qui repose dessus, a pris forme humaine et, deux petites boules de melon affirment sa féminité. L’homme prend le temps de déguster sans quitter son hôtesse des yeux. Elle le lui rend bien.

Arrangées en ovale imparfait, les miettes de sole représentent les grandes lèvres d’une chatte d’où s’échappent, sous forme de sauce, une cyprine délicieuse.

En apportant ses plats, Evelyne a un air bravache. Bien qu’au tréfonds d’elle-même, elle soit rouge de confusion. Comment ai-je osé faire ça se demande-t-elle. Mais elle assume. L’homme cependant, rit sous cape, des grandes inspirations qu’elle prend pour se calmer, dans la solitude de sa cuisine.

Le repas est assez silencieux. Aucun des deux n’ose parler. Le désir est tellement palpable que la moindre parole risque d’en déclencher l’explosion. Elle comme lui sentent leurs sexes s’imbiber du plaisir de l’attente. Ils ne veulent pas gâcher cet instant. Ils mâchent, calmement, sans se perdre de vue. Elle, imagine le gage qu’il va lui imposer. Lui, imagine la réaction de la jeune-femme quand elle saura ce qu’il désire… ils se sourient. Et puis… Parce qu’il fallait bien que cela arrive, elle demande.

– Le gage…? Que désirez-vous de moi ?

 

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